culture

Toujours plus d’égalité femmes-hommes dans la culture en dépit d’écarts persistants

Rendez-vous très attendu, la publication de l’édition 2022 de l’Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans le monde culturel révèle d’indéniables progrès en dépit d’écarts persistants. Décryptage.

Dans plusieurs catégories, comme l’accès aux postes de direction ou la féminisation des professions culturelles, l’égalité entre femmes et hommes dans le monde de la culture et des médias connaît des avancées substantielles, selon l’édition 2022 de l’Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture et la communication.Pourtant, à côté de ces résultats encourageants, on relève, dans cette publication du département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation au ministère de la Culture, la persistance d’importantes disparités, comme les écarts de rémunération entre hommes et femmes ou la faible proportion de femmes accédant à la consécration artistique.A l’évidence, le « compte n’y est pas encore » en matière de parité, estime Agnès Saal, haute fonctionnaire à la responsabilité sociale des organisations au ministère de la Culture, qui appelle à intensifier les actions en faveur de l’égalité.A l’évidence, le compte n’y est pas encore en matière de paritéLes professions culturelles largement féminisées, persistance des inégalités de rémunérationsDepuis plusieurs années, l’une des grandes tendances constatées par l’Observatoire est « la féminisation croissante des professions culturelles », relève Laure Turner, cheffe adjointe du département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation au ministère de la Culture. Derrière cette donnée encourageante, les chiffres montrent cependant que « si les femmes sont majoritaires dans l’enseignement supérieur culture où elles représentent 2/3 des effectifs, cette proportion ne se retrouve pas dans l’emploi où elles atteignent 45% des effectifs ».Concernant la répartition sectorielle, on relève que la représentation féminine est encore très insuffisante chez les architectes et les artistes plasticiens. Mais certaines professions du champ des patrimoines et de la documentation sont de plus en plus féminines (32% des chefs de services territoriaux agréés en archéologie préventive sont des femmes en 2022 contre 25% en 2017) ou déjà féminisées (41% de directrices des archives départementales en 2022, 43% de femmes dirigent des musées de France (hors musées nationaux) en 2022). En revanche, les inégalités de rémunération demeurent quant à elles persistantes entre femmes et hommes. En 2020, un écart de salaire de l’ordre de 12% est ainsi observé dans les métiers du spectacle et de l’audiovisuel. 

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© Amaury Cornu / Hans Lucas via AFP

Une amélioration de la représentation des femmes aux postes de directionS’agissant des postes de direction, « la situation est contrastée », analyse Ludovic Bourles, chargé de mission au Deps-doc. Si les femmes ne sont que « 30% à être directrices » au sein du ministère de la Culture, elles représentent en revanche « 47% de l’encadrement intermédiaire et 41% sont à la tête des directions régionales des affaires culturelles (Drac) ».Côté opérateurs du ministère de la Culture, le statisticien note qu’elles sont 38% à la tête d’établissements culturels dans le spectacle vivant et presque à égalité avec leurs homologues masculins dans les établissements d’enseignement supérieur.Une égalité que l’on retrouve s’agissant de la composition des commissions du Centre national de la musique, du Centre national des arts plastiques, du Centre national du livre, ou encore du Centre national du cinéma et de l’image animée. 

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La réalisatrice Julia Ducournau, Palme d’or au festival de Cannes 2021 © John MacDougall / AFP

Les artistes femmes encore trop peu reconnuesA l’exception notable des prix littéraires où « elles représentent 46% des lauréats entre 2020 et 2021 », les femmes ont toujours trop peu accès aux récompenses artistiques. « Le cinéma est un bon exemple de la faiblesse de la représentation des femmes, deux d’entre elles seulement, Jane Campion et Julia Ducournau, ayant reçu la Palme d’or au festival de Cannes », indique Camille Bres de la Mission responsabilité sociale des organisations. Même constat pour le théâtre où elles « sont seulement 8% à avoir reçu le Molière de la meilleure mise en scène au sein de la dernière décennie ».Dans le domaine de l’architecture, si l’on observe 59% de femmes en écoles d’architecture (2020-2021), chiffre toujours croissant par rapport aux autres années, on ne compte que 38% de femmes au sein de la profession d’architecte, et seulement 21% de femmes récompensées en 2021 par l’un des prix d’architecture emblématiques. Les femmes lauréates sont donc particulièrement peu nombreuses comparativement au nombre d’étudiantes et professionnelles en architectureÀ la télévision, la part des femmes présentatrices, expertes et journalistes est croissante entre 2016 et 2020 avec des données qui se valent entre chaînes publiques et privées. Et – autre signal positif – on constate en 2020 une progression de la présence des femmes aux heures de forte audience.Publication coordonnée par le département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (Deps-Doc) du ministère de la Culture Feuille de route égalité 2022 : de nouveaux outils contre les discriminationsInitiative originale du ministère de la Culture, la feuille de route égalité est destinée, depuis son lancement en 2018, à dresser le bilan des actions menées en faveur de l’égalité et à esquisser des perspectives d’avenir.En 2022, la feuille de route est revenue sur trois grandes tendances. « D’abord, détaille Agnès Saal, haute fonctionnaire à la responsabilité sociale des organisations au ministère de la Culture, la prise de conscience des inégalités est désormais générale. Ensuite, des outils sont aujourd’hui mis en œuvre dans toutes les structures culturelles. Enfin, la politique engagée conditionne les aides publiques à la prise en compte durable de mesures de prévention sexuelles et sexistes au sein de plusieurs secteurs culturels : cinéma, audiovisuel, jeu vidéo et création numérique, livre, musique, spectacle vivant et arts visuels ».Parmi les outils récemment créés, la cellule d’écoute AlloDiscrim-AlloSexism, mise en place par le ministère de la Culture, est bien connue des femmes qui n’hésitent pas à la saisir, signe de la « pertinence de ce nouvel instrument de lutte contre les discriminations sexuelles et sexistes ».  A l’instar de cette cellule d’écoute, le ministère de la Culture a l’ambition de « déployer ces différents outils avec encore plus de détermination et de volontarisme », plaide la haute fonctionnaire, qui se félicite de la qualité des données statistiques fournies. « Le ministère est pionnier dans la mise à disposition de données genrées, souligne-t-elle. C’est une démarche originale que suivent de près les autres ministères ». 

Publication originale intégrale : culture.gouv.frRendez-vous très attendu, la publication de l’édition 2022 de l’Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans le monde culturel révèle d’indéniables progrès en dépit d’écarts persistants. Décryptage.

Dans plusieurs catégories, comme l’accès aux postes de direction ou la féminisation des professions culturelles, l’égalité entre femmes et hommes dans le monde de la culture et des médias connaît des avancées substantielles, selon l’édition 2022 de l’Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture et la communication.Pourtant, à côté de ces résultats encourageants, on relève, dans cette publication du département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation au ministère de la Culture, la persistance d’importantes disparités, comme les écarts de rémunération entre hommes et femmes ou la faible proportion de femmes accédant à la consécration artistique.A l’évidence, le « compte n’y est pas encore » en matière de parité, estime Agnès Saal, haute fonctionnaire à la responsabilité sociale des organisations au ministère de la Culture, qui appelle à intensifier les actions en faveur de l’égalité.A l’évidence, le compte n’y est pas encore en matière de paritéLes professions culturelles largement féminisées, persistance des inégalités de rémunérationsDepuis plusieurs années, l’une des grandes tendances constatées par l’Observatoire est « la féminisation croissante des professions culturelles », relève Laure Turner, cheffe adjointe du département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation au ministère de la Culture. Derrière cette donnée encourageante, les chiffres montrent cependant que « si les femmes sont majoritaires dans l’enseignement supérieur culture où elles représentent 2/3 des effectifs, cette proportion ne se retrouve pas dans l’emploi où elles atteignent 45% des effectifs ».Concernant la répartition sectorielle, on relève que la représentation féminine est encore très insuffisante chez les architectes et les artistes plasticiens. Mais certaines professions du champ des patrimoines et de la documentation sont de plus en plus féminines (32% des chefs de services territoriaux agréés en archéologie préventive sont des femmes en 2022 contre 25% en 2017) ou déjà féminisées (41% de directrices des archives départementales en 2022, 43% de femmes dirigent des musées de France (hors musées nationaux) en 2022). En revanche, les inégalités de rémunération demeurent quant à elles persistantes entre femmes et hommes. En 2020, un écart de salaire de l’ordre de 12% est ainsi observé dans les métiers du spectacle et de l’audiovisuel. 

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© Amaury Cornu / Hans Lucas via AFP

Une amélioration de la représentation des femmes aux postes de directionS’agissant des postes de direction, « la situation est contrastée », analyse Ludovic Bourles, chargé de mission au Deps-doc. Si les femmes ne sont que « 30% à être directrices » au sein du ministère de la Culture, elles représentent en revanche « 47% de l’encadrement intermédiaire et 41% sont à la tête des directions régionales des affaires culturelles (Drac) ».Côté opérateurs du ministère de la Culture, le statisticien note qu’elles sont 38% à la tête d’établissements culturels dans le spectacle vivant et presque à égalité avec leurs homologues masculins dans les établissements d’enseignement supérieur.Une égalité que l’on retrouve s’agissant de la composition des commissions du Centre national de la musique, du Centre national des arts plastiques, du Centre national du livre, ou encore du Centre national du cinéma et de l’image animée. 

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La réalisatrice Julia Ducournau, Palme d’or au festival de Cannes 2021 © John MacDougall / AFP

Les artistes femmes encore trop peu reconnuesA l’exception notable des prix littéraires où « elles représentent 46% des lauréats entre 2020 et 2021 », les femmes ont toujours trop peu accès aux récompenses artistiques. « Le cinéma est un bon exemple de la faiblesse de la représentation des femmes, deux d’entre elles seulement, Jane Campion et Julia Ducournau, ayant reçu la Palme d’or au festival de Cannes », indique Camille Bres de la Mission responsabilité sociale des organisations. Même constat pour le théâtre où elles « sont seulement 8% à avoir reçu le Molière de la meilleure mise en scène au sein de la dernière décennie ».Dans le domaine de l’architecture, si l’on observe 59% de femmes en écoles d’architecture (2020-2021), chiffre toujours croissant par rapport aux autres années, on ne compte que 38% de femmes au sein de la profession d’architecte, et seulement 21% de femmes récompensées en 2021 par l’un des prix d’architecture emblématiques. Les femmes lauréates sont donc particulièrement peu nombreuses comparativement au nombre d’étudiantes et professionnelles en architectureÀ la télévision, la part des femmes présentatrices, expertes et journalistes est croissante entre 2016 et 2020 avec des données qui se valent entre chaînes publiques et privées. Et – autre signal positif – on constate en 2020 une progression de la présence des femmes aux heures de forte audience.Publication coordonnée par le département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (Deps-Doc) du ministère de la Culture Feuille de route égalité 2022 : de nouveaux outils contre les discriminationsInitiative originale du ministère de la Culture, la feuille de route égalité est destinée, depuis son lancement en 2018, à dresser le bilan des actions menées en faveur de l’égalité et à esquisser des perspectives d’avenir.En 2022, la feuille de route est revenue sur trois grandes tendances. « D’abord, détaille Agnès Saal, haute fonctionnaire à la responsabilité sociale des organisations au ministère de la Culture, la prise de conscience des inégalités est désormais générale. Ensuite, des outils sont aujourd’hui mis en œuvre dans toutes les structures culturelles. Enfin, la politique engagée conditionne les aides publiques à la prise en compte durable de mesures de prévention sexuelles et sexistes au sein de plusieurs secteurs culturels : cinéma, audiovisuel, jeu vidéo et création numérique, livre, musique, spectacle vivant et arts visuels ».Parmi les outils récemment créés, la cellule d’écoute AlloDiscrim-AlloSexism, mise en place par le ministère de la Culture, est bien connue des femmes qui n’hésitent pas à la saisir, signe de la « pertinence de ce nouvel instrument de lutte contre les discriminations sexuelles et sexistes ».  A l’instar de cette cellule d’écoute, le ministère de la Culture a l’ambition de « déployer ces différents outils avec encore plus de détermination et de volontarisme », plaide la haute fonctionnaire, qui se félicite de la qualité des données statistiques fournies. « Le ministère est pionnier dans la mise à disposition de données genrées, souligne-t-elle. C’est une démarche originale que suivent de près les autres ministères ». 



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