culture

Solidarité, social, territoires… les nouveaux enjeux du mécénat culturel

Plus solidaire et plus territorial, le mécénat culturel a su « se réinventer » pendant la crise sanitaire. Le point sur ces nouveaux enjeux.

« En ce moment, les représentations de Fidelio, l’une des têtes d’affiche de notre saison, affichent complet ». C’est Olivier Mantei, le directeur du théâtre national de l’Opéra-Comique, où se tenait, le 30 septembre, la rencontre « Mécénat culturel : bilan d’un temps de crise (s) et perspectives », qui souligne les bons résultats de son théâtre depuis la reprise des activités culturelles. On en oublierait presque que la crise sanitaire est passée par là.  Si l’Opéra-Comique, comme beaucoup d’autres théâtres, joue aujourd’hui à guichets fermés, c’est aussi qu’il n’a jamais été seul. « Les salles qui ont pu maintenir leur activité pendant la pandémie grâce à leurs soutiens, État et partenaires, ont gardé leur public », poursuit Olivier Mantéi. En est-il de même pour l’ensemble du secteur culturel en France et dans le monde ? Pas si sûr. Crise aiguë d’un côté, rebond accompagné par l’État et les partenaires culturels de l’autre, l’heure est venue, selon Luc Allaire, secrétaire général du ministère de la Culture, de « dresser un premier bilan des impacts de la crise sur le mécénat culturel ».

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© Ministère de la Culture

Crise versus vitalitéDu coté de la crise, les chiffres, couplés aux images de musées et de salles de spectacle fermées que chacun a encore à l’esprit, sont sans appel : « Dans le secteur de la production marchande, les revenus ont diminué de 11,1 milliards en 2020. Les secteurs les plus affectés, ceux de la diffusion cinématographique et du spectacle vivant, ont respectivement connu une diminution de 65% et 42% de leurs ressources. Du coté du secteur non marchand, le patrimoine s’effondre avec en particulier une diminution de 71% pour les musées nationaux », indique Julien Bernard, président de Nova consulting, cabinet de conseil en stratégie. Face à la gravité de cette situation, l’État a soutenu massivement le secteur en apportant, selon la ministre de la Culture, des « aides spécifiques et transversales en direction des institutions culturelles fragilisés qui se sont élevées à 13,6 milliards d’euros dont 2 milliard issu du plan de relance ». En dépit de la crise sanitaire, le mécénat est resté d’une stabilité remarquableUn financement public massif, suivi d’un soutien réel du secteur privé alors même que « la crise a fragilisé le don, qui s’appuie sur une relation de confiance face à l’avenir », relève Anne-Claire Pache, titulaire de la chaire philanthropie à l’ESSEC.  S’agissant des plateformes de dons, Julien Bernard relève « une multiplication par 2,2 du financement participatif culturel ». Quant au mécénat d’entreprise, « il est resté remarquablement stable, compte tenu du contexte, et a même connu une augmentation pour 30% d’entre elles », note-t-il.

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Quel mécénat culturel après la crise sanitaire ?Une vitalité que confirment les données relatives à la situation post-Covid : 46% des mécènes interrogés précisent que la crise sanitaire ne va pas modifier leurs comportements et 12% se disent même prêts à donner plus ou beaucoup plus. « L’enjeu aujourd’hui pour les institutions culturelles est de cibler leurs messages et d’avoir une logique ambitieuse pour séduire les attentistes », analyse Julien Bernard. « C’est aussi de construire un secteur culturel encore plus résilient », ajoute Anne-Claire Pache, en relevant que « le digital peut être un outil de maintien du lien avec des publics éloignés ». « Aujourd’hui, le don doit s’articuler avec une réflexion territoriale et prendre en compte le fait que l’attention est aujourd’hui tournée de manière prioritaire vers la santé ou le social. Il faut inventer des données croisées », assure-t-elle.Si Julien Bernard et Anne-Claire Pache s’accordent à reconnaître que « le modèle culturel français a protégé le mécénat », il en va différemment dans d’autres pays. Aux États-Unis, pays de tradition philanthropique s’il en est, on note « un léger fléchissement de 7,5 % du mécénat pour les arts et la culture entre 2019 et 2020 », selon Judith Symonds, professeure à Sciences Po Paris. En revanche, « l’emploi dans les métiers artistiques se relève plus lentement que dans l’ensemble de l’économie américaine et les artistes issus de la diversité ont davantage souffert ». En Espagne, l’impact de la crise sur le mécénat culturel a été « énorme », dit sans détour Eloy Planes, président de la fondation Catalunya Cultura installée à Barcelone. « La crise a souligné la fragilité du filet de sécurité qui aurait dû soutenir la culture en période de crise ».

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Institutions culturelles : la grande mutation du mécénat culturelEn France, côté institutions culturelles, la crise sanitaire a été l’occasion de redéfinir les enjeux du mécénat. A commencer par la place des territoires. « Le mécénat est un enjeu territorial et nous avons constaté une accélération des pistes de développement sur ce sujet pendant la pandémie », assure Fanny Fournier, responsable du service mécénat et développement de l’Opéra national de Bordeaux.Pour d’autres, c’est la mise en avant d’un travail collectif qui a été le fait décisif : « La co-construction avec les partenaires mécènes a été très importante. Dans le cadre de la fabrique artistique citoyenne [développée au Châtelet], nous avons coutume d’organiser des ateliers artistiques dans les lycées professionnels. En lieu et place, même si cela ne remplace pas le présentiel, nous avons crée sur Instagram une communauté dédiée. Tout l’enjeu est d’imaginer des pratiques artistiques différentes et de les faire ensuite éprouver par ces jeunes gens », dit encore Monia Triki, directrice du développement du théâtre du Châtelet. « Pour garder le contact avec nos membres, on s’est très vite dit qu’il fallait développer une plateforme de contenus, confirme Bénédicte Wiart, directrice générale déléguée de la société des amis de Versailles. En outre, depuis 2016, nous avons développé nos adhésions jeunes, la plateforme numérique devait continuer à les nourrir. Le pass Culture, dont nous avons vécu la phase d’expérimentation lancée par le ministère de la Culture, a été un atout ».Tout l’enjeu est d’imaginer des pratiques artistiques différentes« La perte de contact avec l’extérieur en raison de la fermeture du musée a nécessairement eu une conséquence sur la manière dont nous avons travaillé avec nos partenaires, résume Adel Ziane, directeur des relations extérieures du musée du Louvre, nous en avons profité pour réorienter le lien avec le public et les mécènes. La question de l’explosion des inégalités a été centrale pendant la pandémie, révélant de multiples fractures. La culture doit participer à la réduction de cette fracture. Quand on travaille avec la fondation RATP pour faire venir un public de scolaires en bus, le projet éducatif comprend une très forte composante sociale ».Autant d’expériences qui tracent une feuille de route pour l’avenir. « Dans le cadre du partenariat avec les mécènes, c’est maintenant qu’il faut continuer à être vertueux et faire ce à quoi nous nous sommes engagés », plaide Monia Triki.

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© Ministère de la Culture

Un monde économique à l’écoute des acteurs de la cultureDans ce contexte, on ne s’étonne pas que les acteurs du monde économique fassent écho à ceux des institutions culturelles. « Nous souhaitons être utile au territoire », assure Virginie Percevaux, déléguée générale de la Fondation Crédit agricole Pays de France, vision que partagent Stéphane Ozil, directeur de l’Agence Ozil conseil et secrétaire du Fonds de dotation Alès Mécénat : « L’entreprise a un rôle dans la société autant que sur le territoire sur lequel elle est implantée » et Pierre Drillon, directeur de la communication et des territoires de Storengy, filiale d’Engie, membre du comité de sélection de la Fondation Engie : « Il y a des petits villages autour des sites où nous sommes installés, nous ne perdons jamais de vue cette dimension dans nos actions qui sont pensées sur le long terme ».L’enjeu social est également apparu incontournable pour nombre d’entreprises mécènes. « Grâce au fonds d’urgence, et en partenariat avec l’association pour le rayonnement de l’Opéra national de Paris (Arop), nous avons pu acheminer des casques de réalité virtuelle dans les Ephad », se réjouit Virginie Percevaux. « Nous apportons notre soutien à la « Quinzaine en actions », le dispositif d’accès à la culture et d’éducation à l’image initié par la Quinzaine des réalisateurs, une des grandes sections du festival de Cannes. La culture vient naturellement en soutien du lien social », dit Philippe d’Ornano. « 20% de la dotation vont systématiquement à des projets qui ont moins pignon sur rue », renchérit Stéphane Ozil.Les entreprises sont à la recherche d’une approche différente, elles ne veulent plus se contenter de faire un chèque mais s’impliquer davantage« Derrière la culture, l’enjeu, c’est le vivre-ensemble qu’illustrent par exemple les Concerts de poche que nous organisons en zone rurale ou le soutien que nous apportons à Démos, le parcours d’apprentissage de la musique mis en place par la Philharmonie de Paris », observe Virginie Percevaux. « L’objectif de la fondation est de faire de l’entreprenariat culturel un levier d’émancipation », assure Elisabeth Da Souza, directrice de la philanthropie et du mécénat de la fondation Entreprendre. Derrière ces cas particuliers, tous veulent optimiser leur soutien : « Les entreprises sont à la recherche d’une approche différente, elles ne veulent plus se contenter de faire un chèque mais s’impliquer auprès des institutions culturelles », résume Hugo Brugière.Une chose est sûre, la pandémie aura été pour tous les acteurs du mécénat culturel une occasion unique de « se réinventer ». « La crise a été un moteur », renchérit Hugo Brugière. Gageons que les effets de ce dernier se feront entendre encore longtemps. Roselyne Bachelot : « Les partenaires de la culture ont été solidaires »En ces temps de crise sanitaire, les mécènes ont été au rendez-vous. « Certains ont fait le choix de rediriger leurs actions vers les secteurs en grande détresse, le secteur sanitaire naturellement, ou les secteurs sociaux et éducatifs, certains ont eux-mêmes étaient touchés, a assuré la ministre de la Culture.  D’autres ont maintenu ou reporté leur engagement ou l’ont même même intensifié, c’est dire comme les partenaires de la culture ont été solidaires ».Après avoir rappelé le rôle moteur joué par la culture dans l’aménagement économique des territoires, la ministre a souligné le renouvellement en cours des protocoles nationaux signés avec de nombreuses institutions des mondes économique et juridique et son souhait de renforcer le réseau des correspondants mécénat dans les directions régionales des affaires culturelles et dans les représentations territoriales des institutions partenaires. « Les mécènes de la culture sont des passionnés. Ce qui nous rassemble, c’est la conviction que la culture est une source infinie d’émotion, une ouverture sur l’autre, mais aussi un puissant facteur de cohésion sociale, un élément essentiel de notre vie en commun », conclut-elle.
  

Publication originale intégrale : culture.gouv.frPlus solidaire et plus territorial, le mécénat culturel a su « se réinventer » pendant la crise sanitaire. Le point sur ces nouveaux enjeux.

« En ce moment, les représentations de Fidelio, l’une des têtes d’affiche de notre saison, affichent complet ». C’est Olivier Mantei, le directeur du théâtre national de l’Opéra-Comique, où se tenait, le 30 septembre, la rencontre « Mécénat culturel : bilan d’un temps de crise (s) et perspectives », qui souligne les bons résultats de son théâtre depuis la reprise des activités culturelles. On en oublierait presque que la crise sanitaire est passée par là.  Si l’Opéra-Comique, comme beaucoup d’autres théâtres, joue aujourd’hui à guichets fermés, c’est aussi qu’il n’a jamais été seul. « Les salles qui ont pu maintenir leur activité pendant la pandémie grâce à leurs soutiens, État et partenaires, ont gardé leur public », poursuit Olivier Mantéi. En est-il de même pour l’ensemble du secteur culturel en France et dans le monde ? Pas si sûr. Crise aiguë d’un côté, rebond accompagné par l’État et les partenaires culturels de l’autre, l’heure est venue, selon Luc Allaire, secrétaire général du ministère de la Culture, de « dresser un premier bilan des impacts de la crise sur le mécénat culturel ».

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© Ministère de la Culture

Crise versus vitalitéDu coté de la crise, les chiffres, couplés aux images de musées et de salles de spectacle fermées que chacun a encore à l’esprit, sont sans appel : « Dans le secteur de la production marchande, les revenus ont diminué de 11,1 milliards en 2020. Les secteurs les plus affectés, ceux de la diffusion cinématographique et du spectacle vivant, ont respectivement connu une diminution de 65% et 42% de leurs ressources. Du coté du secteur non marchand, le patrimoine s’effondre avec en particulier une diminution de 71% pour les musées nationaux », indique Julien Bernard, président de Nova consulting, cabinet de conseil en stratégie. Face à la gravité de cette situation, l’État a soutenu massivement le secteur en apportant, selon la ministre de la Culture, des « aides spécifiques et transversales en direction des institutions culturelles fragilisés qui se sont élevées à 13,6 milliards d’euros dont 2 milliard issu du plan de relance ». En dépit de la crise sanitaire, le mécénat est resté d’une stabilité remarquableUn financement public massif, suivi d’un soutien réel du secteur privé alors même que « la crise a fragilisé le don, qui s’appuie sur une relation de confiance face à l’avenir », relève Anne-Claire Pache, titulaire de la chaire philanthropie à l’ESSEC.  S’agissant des plateformes de dons, Julien Bernard relève « une multiplication par 2,2 du financement participatif culturel ». Quant au mécénat d’entreprise, « il est resté remarquablement stable, compte tenu du contexte, et a même connu une augmentation pour 30% d’entre elles », note-t-il.

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Quel mécénat culturel après la crise sanitaire ?Une vitalité que confirment les données relatives à la situation post-Covid : 46% des mécènes interrogés précisent que la crise sanitaire ne va pas modifier leurs comportements et 12% se disent même prêts à donner plus ou beaucoup plus. « L’enjeu aujourd’hui pour les institutions culturelles est de cibler leurs messages et d’avoir une logique ambitieuse pour séduire les attentistes », analyse Julien Bernard. « C’est aussi de construire un secteur culturel encore plus résilient », ajoute Anne-Claire Pache, en relevant que « le digital peut être un outil de maintien du lien avec des publics éloignés ». « Aujourd’hui, le don doit s’articuler avec une réflexion territoriale et prendre en compte le fait que l’attention est aujourd’hui tournée de manière prioritaire vers la santé ou le social. Il faut inventer des données croisées », assure-t-elle.Si Julien Bernard et Anne-Claire Pache s’accordent à reconnaître que « le modèle culturel français a protégé le mécénat », il en va différemment dans d’autres pays. Aux États-Unis, pays de tradition philanthropique s’il en est, on note « un léger fléchissement de 7,5 % du mécénat pour les arts et la culture entre 2019 et 2020 », selon Judith Symonds, professeure à Sciences Po Paris. En revanche, « l’emploi dans les métiers artistiques se relève plus lentement que dans l’ensemble de l’économie américaine et les artistes issus de la diversité ont davantage souffert ». En Espagne, l’impact de la crise sur le mécénat culturel a été « énorme », dit sans détour Eloy Planes, président de la fondation Catalunya Cultura installée à Barcelone. « La crise a souligné la fragilité du filet de sécurité qui aurait dû soutenir la culture en période de crise ».

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Institutions culturelles : la grande mutation du mécénat culturelEn France, côté institutions culturelles, la crise sanitaire a été l’occasion de redéfinir les enjeux du mécénat. A commencer par la place des territoires. « Le mécénat est un enjeu territorial et nous avons constaté une accélération des pistes de développement sur ce sujet pendant la pandémie », assure Fanny Fournier, responsable du service mécénat et développement de l’Opéra national de Bordeaux.Pour d’autres, c’est la mise en avant d’un travail collectif qui a été le fait décisif : « La co-construction avec les partenaires mécènes a été très importante. Dans le cadre de la fabrique artistique citoyenne [développée au Châtelet], nous avons coutume d’organiser des ateliers artistiques dans les lycées professionnels. En lieu et place, même si cela ne remplace pas le présentiel, nous avons crée sur Instagram une communauté dédiée. Tout l’enjeu est d’imaginer des pratiques artistiques différentes et de les faire ensuite éprouver par ces jeunes gens », dit encore Monia Triki, directrice du développement du théâtre du Châtelet. « Pour garder le contact avec nos membres, on s’est très vite dit qu’il fallait développer une plateforme de contenus, confirme Bénédicte Wiart, directrice générale déléguée de la société des amis de Versailles. En outre, depuis 2016, nous avons développé nos adhésions jeunes, la plateforme numérique devait continuer à les nourrir. Le pass Culture, dont nous avons vécu la phase d’expérimentation lancée par le ministère de la Culture, a été un atout ».Tout l’enjeu est d’imaginer des pratiques artistiques différentes« La perte de contact avec l’extérieur en raison de la fermeture du musée a nécessairement eu une conséquence sur la manière dont nous avons travaillé avec nos partenaires, résume Adel Ziane, directeur des relations extérieures du musée du Louvre, nous en avons profité pour réorienter le lien avec le public et les mécènes. La question de l’explosion des inégalités a été centrale pendant la pandémie, révélant de multiples fractures. La culture doit participer à la réduction de cette fracture. Quand on travaille avec la fondation RATP pour faire venir un public de scolaires en bus, le projet éducatif comprend une très forte composante sociale ».Autant d’expériences qui tracent une feuille de route pour l’avenir. « Dans le cadre du partenariat avec les mécènes, c’est maintenant qu’il faut continuer à être vertueux et faire ce à quoi nous nous sommes engagés », plaide Monia Triki.

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Un monde économique à l’écoute des acteurs de la cultureDans ce contexte, on ne s’étonne pas que les acteurs du monde économique fassent écho à ceux des institutions culturelles. « Nous souhaitons être utile au territoire », assure Virginie Percevaux, déléguée générale de la Fondation Crédit agricole Pays de France, vision que partagent Stéphane Ozil, directeur de l’Agence Ozil conseil et secrétaire du Fonds de dotation Alès Mécénat : « L’entreprise a un rôle dans la société autant que sur le territoire sur lequel elle est implantée » et Pierre Drillon, directeur de la communication et des territoires de Storengy, filiale d’Engie, membre du comité de sélection de la Fondation Engie : « Il y a des petits villages autour des sites où nous sommes installés, nous ne perdons jamais de vue cette dimension dans nos actions qui sont pensées sur le long terme ».L’enjeu social est également apparu incontournable pour nombre d’entreprises mécènes. « Grâce au fonds d’urgence, et en partenariat avec l’association pour le rayonnement de l’Opéra national de Paris (Arop), nous avons pu acheminer des casques de réalité virtuelle dans les Ephad », se réjouit Virginie Percevaux. « Nous apportons notre soutien à la « Quinzaine en actions », le dispositif d’accès à la culture et d’éducation à l’image initié par la Quinzaine des réalisateurs, une des grandes sections du festival de Cannes. La culture vient naturellement en soutien du lien social », dit Philippe d’Ornano. « 20% de la dotation vont systématiquement à des projets qui ont moins pignon sur rue », renchérit Stéphane Ozil.Les entreprises sont à la recherche d’une approche différente, elles ne veulent plus se contenter de faire un chèque mais s’impliquer davantage« Derrière la culture, l’enjeu, c’est le vivre-ensemble qu’illustrent par exemple les Concerts de poche que nous organisons en zone rurale ou le soutien que nous apportons à Démos, le parcours d’apprentissage de la musique mis en place par la Philharmonie de Paris », observe Virginie Percevaux. « L’objectif de la fondation est de faire de l’entreprenariat culturel un levier d’émancipation », assure Elisabeth Da Souza, directrice de la philanthropie et du mécénat de la fondation Entreprendre. Derrière ces cas particuliers, tous veulent optimiser leur soutien : « Les entreprises sont à la recherche d’une approche différente, elles ne veulent plus se contenter de faire un chèque mais s’impliquer auprès des institutions culturelles », résume Hugo Brugière.Une chose est sûre, la pandémie aura été pour tous les acteurs du mécénat culturel une occasion unique de « se réinventer ». « La crise a été un moteur », renchérit Hugo Brugière. Gageons que les effets de ce dernier se feront entendre encore longtemps. Roselyne Bachelot : « Les partenaires de la culture ont été solidaires »En ces temps de crise sanitaire, les mécènes ont été au rendez-vous. « Certains ont fait le choix de rediriger leurs actions vers les secteurs en grande détresse, le secteur sanitaire naturellement, ou les secteurs sociaux et éducatifs, certains ont eux-mêmes étaient touchés, a assuré la ministre de la Culture.  D’autres ont maintenu ou reporté leur engagement ou l’ont même même intensifié, c’est dire comme les partenaires de la culture ont été solidaires ».Après avoir rappelé le rôle moteur joué par la culture dans l’aménagement économique des territoires, la ministre a souligné le renouvellement en cours des protocoles nationaux signés avec de nombreuses institutions des mondes économique et juridique et son souhait de renforcer le réseau des correspondants mécénat dans les directions régionales des affaires culturelles et dans les représentations territoriales des institutions partenaires. « Les mécènes de la culture sont des passionnés. Ce qui nous rassemble, c’est la conviction que la culture est une source infinie d’émotion, une ouverture sur l’autre, mais aussi un puissant facteur de cohésion sociale, un élément essentiel de notre vie en commun », conclut-elle.
  



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