les filles dont on parle prostitution messine 19 siecle

Parution de “Les filles dont on parle. La prostitution messine au XIXe siècle”

Le livre “Les filles dont on parle. La prostitution messine au XIXe siècle” de Laurent Erbs vient de parraître. Ce nouvel opus s’adresse aux passionnés d’histoire et invite à comprendre l’emprise de la prostitution dans la cité messine au 19eme siècle. Il révèle comment le commerce de la chair devient source de troubles urbains. L’ouvrage nous porte dans le quotidien des messins confrontés à la prostitution, et décrit les mesures prises par les autorités pour y mettre un terme, les enjeux cachés et le destin de ces filles que l’on disait publiques.

La prostitution est à l’état endémique dans les grandes villes du XIXe siècle. Ce problème social est particulièrement aigu à Metz, à cause de l’importance numérique de sa garnison. Mais, au-delà d’une historiographie fondée sur les archives policières, médicales, militaires, habituellement utilisées pour traiter le thème de la sexualité vénale, il s’agit ici d’initier une réflexion à partir d’un « hors-champ ». C’est pourquoi, on en vient à s’intéresser au logos, au discours des citadins confrontés au phénomène prostitutionnel. En effet, pour explorer ces écarts à l’ordinaire, analyser un corpus composé de sources épistolaires permet d’apporter un éclairage sur les effets et les usages de l’expérience sociale liée à la déviance. Le seul procédé accessible est d’interroger la perception de celle-ci par ses contemporains, tout en prenant garde aux valeurs qui la sous-tendent. Ainsi, les écrits des citoyens honnêtes – et moins honnêtes – adressés aux édiles constituent le matériau privilégié de ce travail de recherche. Cette histoire de l’infra-ordinaire fait son chemin. L’ouvrage met successivement en valeur l’emprise de la prostitution dans la ville, les contradictions qui apparaissent à la suite de la politique de la municipalité à l’égard de cette déviance sociale, et enfin l’agitation au quotidien subie par les habitants de la cité. Ainsi, on parle des filles à travers les relations avec les autres, sans qu’elles n’aient eu réellement droit à la parole.

Docteur en histoire, Laurent Erbs a été professeur en lycée, chargé de cours à l’Université de Lorraine (UFR-SHS Metz). Il est l’auteur de nombreuses contributions publiées dans des revues et ouvrages scientifiques. Sous sa plume paraissent Le marché du travail dans l’espace lorrain pendant la Reconstruction en 2007, ou encore La fabrique des sous-hommes en 2018, qui aborde la déshumanisation qui résulte de la mise en détention par le régime nazi. Il contribue également aux ouvrages Prostitution et chômage en France des années 1830 aux années 1930 ou Boire du vin : entre complaisance et interdits qui aborde le boire et manger en Lorraine, entre autres. Enfin, il contribue à des publications avec comité scientifique et/ou comité de lecture dont Travail et assignation de genre en sortie de guerre qui traite du sujet des Emplois féminins en Moselle (1945-1946), Échelles et territoires du salaire en Moselle au tournant des années 1944-1948 ou encore Cachez ce commerce que je ne saurais voir ! Prostitution et société messine.

Les filles dont on parle. La prostitution messine au XIXe siècle, 175 pages – format 15 x 23 cm, auto-édité est diffusé par Amazon au prix de 10,55€

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