culture

Partir en livre, une manifestation qui fête la lecture en liberté

Lire pendant les vacances ! Tel est le luxe auquel « Partir en livre » invite tous les enfants et tous les adolescents autour d’ateliers et d’événements festifs.

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© Isabelle Franciosa

On ne peut le dire mieux que Soledad, la célèbre illustratrice qui signe l’affiche de Partir en livre 2021, la manifestation nationale conçue par le ministère de la Culture et organisée par le Centre national du livre du 30 juin au 25 juillet : « J’aime les étés qui s’éternisent, où le temps passe au ralenti. On s’ennuie, on a le temps de se découvrir soi-même. La lecture prend de l’ampleur, de la vie, elle a un autre goût. » Tel est l’enjeu magnifique de Partir en livre : allumer le feu estival de la passion pour les livres, qui est une passion pour la vie.A la plage, à la montagne, à la campagne, dans les quartiers, ils sont enthousiastes, tous ces intervenants habités du désir de partager, en liberté, l’expérience de l’écriture et de la lecture avec les enfants et les adolescents. Nous en avons rencontré cinq, parmi ceux qui ont préparé mille et une occasions de faire découvrir des livres (172 projets régionaux labellisés, 751 auteurs et illustrateurs, 726 bibliothèques et médiathèques, 318 libraires, 187 éditeurs, 109 quartiers « Politique de la ville », 268 centres sociaux, 1069 communes !).Et toujours Soledad : « Lors des rencontres avec mes lecteurs, je vois les enfants arriver. Ils se collent à ma table, et comme ils sont petits, je ne vois que leurs yeux ! Ils veulent regarder ce que je suis en train de dessiner. C’est hyper émouvant… ! »

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© CNL

A Tinqueux, des poètes de sept ans « La poésie est l’exercice de la joie créatrice, un art d’émerveillements. Les enfants aiment que les mots s’entrechoquent, qu’ils résonnent, qu’ils claquent, qu’ils chuchotent, qu’ils s’envolent et qu’ils expriment des choses, dont ils disent parfois qu’elles ne veulent rien dire, mais qui les amusent. C’est par ces expériences-là qu’on entre en littérature », affirme Mateja Bizjak Petit, qui dirige le Centre de créations pour l’enfance de Tinqueux, dans la banlieue de Reims.« Et c’est génial d’œuvrer pendant les vacances ! Découvrir librement une lecture bouleversante, c’est essentiel. Ces découvertes-là se produisent aussi à l’école, mais c’est encore plus puissant lorsqu’on en fait une par soi-même : on se crée un grand souvenir et le désir d’aller au-delà. »Le Centre « est une maison de poésie, explique-t-elle. Depuis 7 ans, grâce au soutien de Partir en livre, nous sortons du temps scolaire. Nous allons dans d’autres lieux, comme les centres sociaux, les centres de loisirs, les lieux d’hébergements de vacances. Avec nos jeux en bois, lettres et images à manipuler, nous voyons les enfants découvrir cette joie, inattendue pour certains, de jouer avec les mots. Et ainsi, nous formons et encourageons les éducateurs à leur montrer le plus souvent possible l’intérêt du livre et de la poésie.« Avec nos auteurs en résidence, comme le poète Pierre Soletti, qui a un véritable goût pour la transmission, on voit surgir des merveilles, comme, par exemple, ce poème d’un enfant de six ans :

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© Centre de l’enfance de Tinqueux

L’enfantL’oiseauVoleA l’intérieur de lui-mêmeAussi»Des calligrammes au cœur de la BretagnePour Céline Lamour Crochet, « le mot-image, ou calligramme, c’est un jeu. On s’amuse en donnant la vie à des lettres, et c’est là ce que j’essaie de montrer aux enfants. Par exemple, les cinq lettres du mot chien peuvent dessiner un chien. Mais avec un peu d’astuce, elles peuvent aussi former son anagramme, niche, tout dépend de l’ordre des lettres et de la façon dont on les dessine.

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© CLC/éditions mouck

« Avec les petits, je découpe les lettres et ils reconstituent l’animal comme pour un puzzle. Les enfants plus âgés tracent les lettres en suivant un gabarit que j’ai préparé, ils les découpent et les assemblent. Les plus grands se saisissent de la technique elle-même, qui mélange dessin et écriture, et ils inventent.« Une fois qu’on a compris le principe, on peut s’amuser sans fin. Et les enfants deviennent vite autonomes. Quand, après avoir animé un atelier dans une classe, j’en retrouve sur un salon, ils sont heureux et fiers de me montrer les calligrammes qu’ils ont inventé. Une institutrice m’a encore envoyé il y a peu, en photo, des pages de cahier d’élèves couvertes de calligrammes dans les marges… !Pendant l’année, Céline Lamour Crochet intervient dans les classes, mais aussi auprès d’enfants déficients auditifs. Avec Partir en livre, elle proposera de créer des calligrammes de perroquets, de jaguars, de colibris aux enfants d’Hémonstoir et de Saint-Caradec (deux communes bretonnes proches de Loudéac), puis des poissons, des requins et des manchots à ceux du parc de loisir Le Pal, près de Moulins, puis à Rennes auprès de jeunes primo-arrivants, qui créeront, en miroirs, des calligrammes de poisson en anglais, en français et dans leurs langues d’origine, ce qui promet un aquarium digne de la tour de Babel !Des comédiens et des livres sur l’île de La Réunion« Trois jours avant, nous allons annoncer notre visite, raconte Isabelle Le Guénan, artiste associée et fondatrice de « La p’tite scène qui bouge », une équipe de comédiens enthousiastes qui intervient dans les quartiers prioritaires et isolés des îles de la Réunion et de Mayotte.« On frappe aux portes, on invite tout le monde. On part parfois d’appréhensions terribles à l’égard du livre (« C’est bon pour les Zoreilles (les Français métropolitains), ce n’est pas pour nous… »).

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© La p’tite scène qui bouge

« Le jour dit, le public est là, et découvre notre décor déployé sous une tente rouge avec un salon, des bibliothèques à roulettes et une scène. Celle-ci est comme un énorme kamishibaï. Le principe est que chacun se sente accueilli et comme chez soi ! Avec un comédien musicien et une conteuse, nos lectures chantées ou improvisées restent très proches du public et de ses réactions. Puis il y a des temps de « Allonge-toi sur les coussins et prends un livre », des ateliers animés par un auteur ou illustrateur invité, une chasse au trésor et des chèques-lire à gagner… Enfin vient le spectacle où tout le monde choisit son tapis pour être bien calé dans les bras de Papa, Maman ou des frères et sœurs. On partage ensuite, avant de se quitter, un goûter de jus de fruits frais et un gâteau maison. C’est là qu’on voit les grands se mettre à lire aux petits le livre qu’on vient de mettre en scène, assis sur le tapis à trois ou quatre, et qu’on se dit qu’on n’est pas venus pour rien !« A Mayotte et sur l’île de La Réunion, la découverte de la lecture par les enfants s’articule à un double enjeu : d’une part combattre l’illettrisme (qui concerne 116 000 réunionnais), d’autre part préserver et transmettre le patrimoine immatériel : culture, traditions, métissages. La télévision et les réseaux sociaux sont centrés sur l’Hexagone et la culture occidentale, si bien que dans ces quartiers pourtant éloignés, les enfants en savent plus sur les fraises et les trains (qu’ils n’ont jamais vus en réalité) que sur les papayes et « les cars courant d’air ». Et ils sont familiers des personnages des séries télévisées, tout en ignorant leur propre histoire… Notre rôle, c’est l’évidence, est de tenter de montrer, en les lisant et en les jouant, la richesse et la diversité des auteurs de l’Océan indien, afin d’aider la jeunesse de l’île à s’emparer de son identité, ne serait-ce que pour mieux s’ouvrir aux autres cultures. »L’adolescence en liberté

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© éditions Nathan

L’adolescence, comme chacun sait, est l’expérience d’un ensemble d’initiations bouleversantes, physiques et psychologiques, mais aussi sociales, où la fréquentation des livres (pourtant bien nécessaire à cette période de maturation personnelle !) peut devenir problématique. « Partir en livre, c’est la lecture en vacances, nous rappelle Rachel Corenblit. Les adolescents qui viennent spontanément y assister sont bien souvent déjà lecteurs. Une relation s’est d’ores et déjà tissée. L’ambition de Partir en livre, c’est de prendre appui sur ce public-là et d’aller au-delà créer les occasions d’ouvrir le livre à un public nouveau, en toute liberté. Or, quand les adolescents viennent, lecteurs ou non, c’est d’abord pour l’événement, pour échanger et partager, pour grandir. La fête et la liberté les valorisent, c’est essentiel. Et c’est pourquoi Partir en livre est si important. Ces impulsions culturelles en temps de vacances, débarrassées du caractère obligatoire lié au temps scolaire, peuvent faire beaucoup ! »Rachel Corenblit écrit des romans destinés à de grands ados. Pour Partir en livre, elle interviendra notamment à L’Union, une commune de l’agglomération de Toulouse. « Les potos d’abord raconte l’histoire d’une amitié mise à l’épreuve des préjugés et de l’intolérance. Moi-même et un comédien, nous en ferons une lecture musicale, lecture-spectacle avec guitare, transats, ambiance estivale et « bord de mer », mais aussi échanges avec le public. Une forme très ouverte et festive, destinée à accueillir le plus de monde possible. »Simple comme la parole et la beauté : les « furins » de Waii-waii dans le Hainaut

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© Lucie Pastureau

« Le haïku vit avec son temps et ne hiérarchise pas les sujets abordés, ce qui le rend très moderne et accessible. On peut aussi bien y parler de la friterie du coin, des courses au supermarché, de son téléphone portable que de la beauté des arbres en fleur au printemps. Voilà pourquoi les enfants sont des experts dans cette forme d’écriture. Leur ancrage dans l’instant, leur humour et leur regard neuf sur les choses leur donnent un grand avantage. Je suis toujours bluffée par la qualité de leurs écrits. »

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© Waii-Waii

Waii-Waii, plasticienne et illustratrice, vit et travaille dans le Nord. Pour l’association Perluette et la médiathèque départementale du Nord, et Partir en livre, elle entre en résidence à l’atelier-musée du verre, à Trélon, pour créer des clochettes à vent (« furin » en japonais), en collaboration avec les verriers. Elle animera ensuite, avec plusieurs médiathèques du Sud-Avesnois, des ateliers d’écriture de haïkus pour enfants et adultes, afin de « glisser des mots là-dedans ». Au Japon, les clochettes sont suspendues à l’entrée des temples. Le vent entraine leurs larges étiquettes en papier sur lesquelles sont inscrits poèmes, souhaits ou rêveries.« Il suffit de peu pour accéder à la poésie de ce qui nous entoure. Un petit pas de côté et surtout une mise en confiance. Il me semble que le quotidien est un formidable point de départ, les choses insignifiantes ne le sont pas quand on les regarde autrement. C’est pourquoi, dans ma façon de travailler avec les publics, je me vois un peu comme une « facilitatrice ». Je suis là pour montrer que tout est déjà là. Il s’agit d’apprendre à poser son regard au bon endroit et de trouver son écriture propre. La technique donne de la confiance. On se familiarise avec les outils, on s’amuse, on choisit ses préférés, on apprend à accepter les erreurs, à recommencer et à se surprendre soi-même. » 

Publication originale intégrale : culture.gouv.frLire pendant les vacances ! Tel est le luxe auquel « Partir en livre » invite tous les enfants et tous les adolescents autour d’ateliers et d’événements festifs.

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© Isabelle Franciosa

On ne peut le dire mieux que Soledad, la célèbre illustratrice qui signe l’affiche de Partir en livre 2021, la manifestation nationale conçue par le ministère de la Culture et organisée par le Centre national du livre du 30 juin au 25 juillet : « J’aime les étés qui s’éternisent, où le temps passe au ralenti. On s’ennuie, on a le temps de se découvrir soi-même. La lecture prend de l’ampleur, de la vie, elle a un autre goût. » Tel est l’enjeu magnifique de Partir en livre : allumer le feu estival de la passion pour les livres, qui est une passion pour la vie.A la plage, à la montagne, à la campagne, dans les quartiers, ils sont enthousiastes, tous ces intervenants habités du désir de partager, en liberté, l’expérience de l’écriture et de la lecture avec les enfants et les adolescents. Nous en avons rencontré cinq, parmi ceux qui ont préparé mille et une occasions de faire découvrir des livres (172 projets régionaux labellisés, 751 auteurs et illustrateurs, 726 bibliothèques et médiathèques, 318 libraires, 187 éditeurs, 109 quartiers « Politique de la ville », 268 centres sociaux, 1069 communes !).Et toujours Soledad : « Lors des rencontres avec mes lecteurs, je vois les enfants arriver. Ils se collent à ma table, et comme ils sont petits, je ne vois que leurs yeux ! Ils veulent regarder ce que je suis en train de dessiner. C’est hyper émouvant… ! »

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© CNL

A Tinqueux, des poètes de sept ans « La poésie est l’exercice de la joie créatrice, un art d’émerveillements. Les enfants aiment que les mots s’entrechoquent, qu’ils résonnent, qu’ils claquent, qu’ils chuchotent, qu’ils s’envolent et qu’ils expriment des choses, dont ils disent parfois qu’elles ne veulent rien dire, mais qui les amusent. C’est par ces expériences-là qu’on entre en littérature », affirme Mateja Bizjak Petit, qui dirige le Centre de créations pour l’enfance de Tinqueux, dans la banlieue de Reims.« Et c’est génial d’œuvrer pendant les vacances ! Découvrir librement une lecture bouleversante, c’est essentiel. Ces découvertes-là se produisent aussi à l’école, mais c’est encore plus puissant lorsqu’on en fait une par soi-même : on se crée un grand souvenir et le désir d’aller au-delà. »Le Centre « est une maison de poésie, explique-t-elle. Depuis 7 ans, grâce au soutien de Partir en livre, nous sortons du temps scolaire. Nous allons dans d’autres lieux, comme les centres sociaux, les centres de loisirs, les lieux d’hébergements de vacances. Avec nos jeux en bois, lettres et images à manipuler, nous voyons les enfants découvrir cette joie, inattendue pour certains, de jouer avec les mots. Et ainsi, nous formons et encourageons les éducateurs à leur montrer le plus souvent possible l’intérêt du livre et de la poésie.« Avec nos auteurs en résidence, comme le poète Pierre Soletti, qui a un véritable goût pour la transmission, on voit surgir des merveilles, comme, par exemple, ce poème d’un enfant de six ans :

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© Centre de l’enfance de Tinqueux

L’enfantL’oiseauVoleA l’intérieur de lui-mêmeAussi»Des calligrammes au cœur de la BretagnePour Céline Lamour Crochet, « le mot-image, ou calligramme, c’est un jeu. On s’amuse en donnant la vie à des lettres, et c’est là ce que j’essaie de montrer aux enfants. Par exemple, les cinq lettres du mot chien peuvent dessiner un chien. Mais avec un peu d’astuce, elles peuvent aussi former son anagramme, niche, tout dépend de l’ordre des lettres et de la façon dont on les dessine.

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© CLC/éditions mouck

« Avec les petits, je découpe les lettres et ils reconstituent l’animal comme pour un puzzle. Les enfants plus âgés tracent les lettres en suivant un gabarit que j’ai préparé, ils les découpent et les assemblent. Les plus grands se saisissent de la technique elle-même, qui mélange dessin et écriture, et ils inventent.« Une fois qu’on a compris le principe, on peut s’amuser sans fin. Et les enfants deviennent vite autonomes. Quand, après avoir animé un atelier dans une classe, j’en retrouve sur un salon, ils sont heureux et fiers de me montrer les calligrammes qu’ils ont inventé. Une institutrice m’a encore envoyé il y a peu, en photo, des pages de cahier d’élèves couvertes de calligrammes dans les marges… !Pendant l’année, Céline Lamour Crochet intervient dans les classes, mais aussi auprès d’enfants déficients auditifs. Avec Partir en livre, elle proposera de créer des calligrammes de perroquets, de jaguars, de colibris aux enfants d’Hémonstoir et de Saint-Caradec (deux communes bretonnes proches de Loudéac), puis des poissons, des requins et des manchots à ceux du parc de loisir Le Pal, près de Moulins, puis à Rennes auprès de jeunes primo-arrivants, qui créeront, en miroirs, des calligrammes de poisson en anglais, en français et dans leurs langues d’origine, ce qui promet un aquarium digne de la tour de Babel !Des comédiens et des livres sur l’île de La Réunion« Trois jours avant, nous allons annoncer notre visite, raconte Isabelle Le Guénan, artiste associée et fondatrice de « La p’tite scène qui bouge », une équipe de comédiens enthousiastes qui intervient dans les quartiers prioritaires et isolés des îles de la Réunion et de Mayotte.« On frappe aux portes, on invite tout le monde. On part parfois d’appréhensions terribles à l’égard du livre (« C’est bon pour les Zoreilles (les Français métropolitains), ce n’est pas pour nous… »).

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© La p’tite scène qui bouge

« Le jour dit, le public est là, et découvre notre décor déployé sous une tente rouge avec un salon, des bibliothèques à roulettes et une scène. Celle-ci est comme un énorme kamishibaï. Le principe est que chacun se sente accueilli et comme chez soi ! Avec un comédien musicien et une conteuse, nos lectures chantées ou improvisées restent très proches du public et de ses réactions. Puis il y a des temps de « Allonge-toi sur les coussins et prends un livre », des ateliers animés par un auteur ou illustrateur invité, une chasse au trésor et des chèques-lire à gagner… Enfin vient le spectacle où tout le monde choisit son tapis pour être bien calé dans les bras de Papa, Maman ou des frères et sœurs. On partage ensuite, avant de se quitter, un goûter de jus de fruits frais et un gâteau maison. C’est là qu’on voit les grands se mettre à lire aux petits le livre qu’on vient de mettre en scène, assis sur le tapis à trois ou quatre, et qu’on se dit qu’on n’est pas venus pour rien !« A Mayotte et sur l’île de La Réunion, la découverte de la lecture par les enfants s’articule à un double enjeu : d’une part combattre l’illettrisme (qui concerne 116 000 réunionnais), d’autre part préserver et transmettre le patrimoine immatériel : culture, traditions, métissages. La télévision et les réseaux sociaux sont centrés sur l’Hexagone et la culture occidentale, si bien que dans ces quartiers pourtant éloignés, les enfants en savent plus sur les fraises et les trains (qu’ils n’ont jamais vus en réalité) que sur les papayes et « les cars courant d’air ». Et ils sont familiers des personnages des séries télévisées, tout en ignorant leur propre histoire… Notre rôle, c’est l’évidence, est de tenter de montrer, en les lisant et en les jouant, la richesse et la diversité des auteurs de l’Océan indien, afin d’aider la jeunesse de l’île à s’emparer de son identité, ne serait-ce que pour mieux s’ouvrir aux autres cultures. »L’adolescence en liberté

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© éditions Nathan

L’adolescence, comme chacun sait, est l’expérience d’un ensemble d’initiations bouleversantes, physiques et psychologiques, mais aussi sociales, où la fréquentation des livres (pourtant bien nécessaire à cette période de maturation personnelle !) peut devenir problématique. « Partir en livre, c’est la lecture en vacances, nous rappelle Rachel Corenblit. Les adolescents qui viennent spontanément y assister sont bien souvent déjà lecteurs. Une relation s’est d’ores et déjà tissée. L’ambition de Partir en livre, c’est de prendre appui sur ce public-là et d’aller au-delà créer les occasions d’ouvrir le livre à un public nouveau, en toute liberté. Or, quand les adolescents viennent, lecteurs ou non, c’est d’abord pour l’événement, pour échanger et partager, pour grandir. La fête et la liberté les valorisent, c’est essentiel. Et c’est pourquoi Partir en livre est si important. Ces impulsions culturelles en temps de vacances, débarrassées du caractère obligatoire lié au temps scolaire, peuvent faire beaucoup ! »Rachel Corenblit écrit des romans destinés à de grands ados. Pour Partir en livre, elle interviendra notamment à L’Union, une commune de l’agglomération de Toulouse. « Les potos d’abord raconte l’histoire d’une amitié mise à l’épreuve des préjugés et de l’intolérance. Moi-même et un comédien, nous en ferons une lecture musicale, lecture-spectacle avec guitare, transats, ambiance estivale et « bord de mer », mais aussi échanges avec le public. Une forme très ouverte et festive, destinée à accueillir le plus de monde possible. »Simple comme la parole et la beauté : les « furins » de Waii-waii dans le Hainaut

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© Lucie Pastureau

« Le haïku vit avec son temps et ne hiérarchise pas les sujets abordés, ce qui le rend très moderne et accessible. On peut aussi bien y parler de la friterie du coin, des courses au supermarché, de son téléphone portable que de la beauté des arbres en fleur au printemps. Voilà pourquoi les enfants sont des experts dans cette forme d’écriture. Leur ancrage dans l’instant, leur humour et leur regard neuf sur les choses leur donnent un grand avantage. Je suis toujours bluffée par la qualité de leurs écrits. »

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© Waii-Waii

Waii-Waii, plasticienne et illustratrice, vit et travaille dans le Nord. Pour l’association Perluette et la médiathèque départementale du Nord, et Partir en livre, elle entre en résidence à l’atelier-musée du verre, à Trélon, pour créer des clochettes à vent (« furin » en japonais), en collaboration avec les verriers. Elle animera ensuite, avec plusieurs médiathèques du Sud-Avesnois, des ateliers d’écriture de haïkus pour enfants et adultes, afin de « glisser des mots là-dedans ». Au Japon, les clochettes sont suspendues à l’entrée des temples. Le vent entraine leurs larges étiquettes en papier sur lesquelles sont inscrits poèmes, souhaits ou rêveries.« Il suffit de peu pour accéder à la poésie de ce qui nous entoure. Un petit pas de côté et surtout une mise en confiance. Il me semble que le quotidien est un formidable point de départ, les choses insignifiantes ne le sont pas quand on les regarde autrement. C’est pourquoi, dans ma façon de travailler avec les publics, je me vois un peu comme une « facilitatrice ». Je suis là pour montrer que tout est déjà là. Il s’agit d’apprendre à poser son regard au bon endroit et de trouver son écriture propre. La technique donne de la confiance. On se familiarise avec les outils, on s’amuse, on choisit ses préférés, on apprend à accepter les erreurs, à recommencer et à se surprendre soi-même. » 



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