Messin livreur à vélo, il lance une pétition

Kevin est un messin de 21 ans, livreur à vélo pour UberEat, Deliveroo et Just Eat. Cela fait un an qu’il travaille avec les principales plates-formes de livraison, mais constate des défaut, des inégalités et des invraisemblances dans les méthodes et outils de ces entreprises de livraison. Ainsi, il lance cette pétition, sa démarche n’est pas d’attaquer les plates-formes de livraison, mais d’informer le grand public sur la condition des livreurs à vélo et d’engager un dialogue avec les plates-formes.

Les plates-forme de livraison, comment ça marche ?

Les plates-formes de livraison, UberEats, Deliveroo, Stuart, Fritchi, … sont des entreprises qui proposent à des indépendants, généralement des auto-entrepreneurs, d’assurer des services de livraison pour le compte de ces premières. La plate-forme met à la disposition des livreurs des outils ainsi que leur notoriété. Le livreur est donc sous-traitant pour UberEats, Deliveroo, Stuart, Fritchi, …

Des entrepreneurs, pas des salariés

Les plates-formes “recrutent” des indépendants, ces derniers déclarent leur chiffre d’affaire, paient des charges, souscrivent des assurances, achètent et entretiennent leur équipement, … Embaucher des salariés, assurer les dépenses liées au salariat, et assurer la logistique ne permettrait pas aux plates-formes de livraison d’être rentables. Toutefois, la relation entre les plates-formes et les livreurs semblent très proches du cadre salarial. En effet, les indépendant ne peuvent pas négocier, ni le tarif de leurs prestations, ni leurs conditions commerciales. Chaque plate-forme proposant un fonctionnement normé auquel les livreurs adhèrent pour travailler pour ces premières. En qualité de travailleur indépendant, les livreurs ne peuvent pas travailler exclusivement pour une seule plate-forme ; cela qualifierait leur collaboration de ‘salariat déguisé’.

Un défaut d’écoute

Les plates-formes disposent d’antennes locales et de plates-formes téléphoniques, certaines situées à l’étranger. Pour certaines, la ligne téléphonique du service client est la même pour le consommateur qui commande que pour les livreurs. A la clé, c’est un dialogue de sourd et un manque réel de moyens apportés au sous-traitants des entreprises de livraison. Aucune anomalie ou problématique ne peut être remontée par les livreurs pour être traitée par les plates-formes. Lors des tables rondes, les livreurs peuvent s’exprimer, mais sans pour autant constater de réaction.

Des livreurs qui ne gagnent pas sur la durée

Les auto-entrepreneurs bénéficient de charges réduites la première année, le temps de mettre le pied à l’étirer. Du côté des plates-formes, il est proposé aux nouveaux livreurs plus de créneaux de livraison. Logiquement, la première année, les livreurs on plus de possibilités de travailler et leurs charges sont moins lourdes. Ainsi, les livreurs gagnent mieux leurs vies dans les premiers temps de l’activité.

Toutefois, les charges des indépendant augmentent progressivement jusqu’à peser jusqu’à près du quart de leurs recettes. En même temps, les plates-formes recrutant intensivement proposent plus de créneaux de livraison aux nouveaux arrivants, laissant ainsi moins de possibilités de travailler pour les anciens livreurs. Pour 4€ à 6€ la course, il reste 3€ à 4.50€ euros dans la poche, en ignorant les frais liés à l’activité (achat et entretient du matériel, assurances, …). Soit assez loin des 14€ de rémunération horaire annoncés par certaines plates-formes.

Des abus à constater

Certains escrocs profitent des plates-formes de livraison. Ces individus s’enregistrent en qualité de livreur, et “louent” leurs comptes sur les applications des plates formes, pour faire travailler des personnes en situation irrégulière. ces dernières, ne pouvant pas travailler légalement, sont rémunérées au noir par le détenteur du compte de livraison auprès d’une à plusieurs plates-formes. Les livreurs comme ces personnes abusées par un système de trafic de travail en sont pénalisés.

Du côté des plates-formes

Les plates-formes s’efforcent de faire évoluer leurs solutions et rémunérations. Certaines annoncent même que la rémunération des livreurs est en hausse. Pour l’une d’entre elles, une prochaine mise à jour proposera de déverrouiller l’application à l’aide d’une reconnaissance faciale, afin d’éviter la “location” de comptes livreurs.

Découvrir la pétition “Livraison à domicile | Pour un travail plus juste et réglementé” sur Change.org



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