L’Oeuvre de Jean Morette rejoint les archives de Metz

Jean Morette était graveur, dessinateur de presse, maître d’école. Les archives Municipales de Metz reçoivent son Œuvre.

Des pièces choisies s’illustrent aux archives municipales de Metz, le public y découvre gravures et illustrations dans un parcours qui narre ses créations.

Ce n’est pas un stockage, c’est des archives vivantes. En transmettant des connaissances académiques mais aussi en transmettant des émotions.

François Grosdidier, Maire de Metz

Jean Morette graveur

Pour Jean Morette, la gravure est l’art franc par excellence, sans tricherie: “Elle n’est faite que de noirs et de blancs, et ne tolère ni demi-mesure, ni faux-fuyant. Chaque coup de gouge, de bédane, de pointe ou de burin doit être préalablement pensé, pesé car il est un acte définitif. Une taille nécessite du courage. Elle est une affirmation. N’est-ce pas à l’image même de l’âme lorraine ? C’est pour- quoi nous avons eu tant de graveurs au cours de notre histoire.

Jean Morette, illustrateur

Le premier concours de Noël, devenu depuis une véritable institution sous la plume de Morette, a pour thème en 1952 le tricentenaire du rattache- ment des évêchés de Metz, Toul et Verdun à la France. À cette occasion est exécutée une image naïve qui symbolise cette réunion: trois petites Lorraines représentant les trois villes s’apprêtent à entrer dans la ronde des provinces françaises. Il y a alors 625 lauréats. Dans un tout autre registre, Morette est amené à réaliser des illustrations pour le lancement des feuilletons littéraires paraissant dans le journal du Républicain Lorrain. Rétrospectivement, celles-ci ne sont pas dépourvues d’un certain charme, ni les titres des ouvrages en question: Belles du Sud, d’Albert Jean, Le Masque jaune, roman sentimental d’Eve-Paul Margueritte, etc.

Jean Morette instituteur

La majeure partie de son œuvre étant destinée en premier lieu à un jeune public, il n’est pas rare de rencontrer au fil de ses albums des frimousses espiègles, amusées. On sent bien que le dessinateur prend plaisir à croquer sur le vif ces gamins de la campagne qu’il connaît tant pour en avoir vu des centaines user leur fond de culotte sur les bancs de sa classe. Il connaît leurs jeux, leurs secrets, leurs qualités, leurs défauts. Et s’il a renoncé à une carrière artistique au cours de laquelle il aurait eu, sans nul doute, beaucoup de succès, c’est pour se consacrer pleinement à l’éducation de ses chers élèves.

Jean Morette, un parcours d’exception

1911 Jean Morette naît le 17 août à Valleroy (Meurthe-et- Moselle) Constant Morette, son père, est employé de banque à la Société Générale de Briey, tandis que Camille Morette, sa mère, est institutrice.

1923 Camille Morette succombe à une attaque de pleu résie. Cet évènement tragique va profondément affecter Jean et son petit frère Georges, tous deux encore très jeunes.

1926 Jean est alors envoyé à l’École Primaire Supérieure de Saint-Avold pendant deux ans où il prépare le concours d’instituteur. Il entre ensuite à l’École Normale de Montigny-lès-Metz où il fait la connaissance de Joseph Cressot, le directeur.

1931 Jean Morette décroche son premier poste d’instituteur à Ars-Laquenexy, un petit village situé près de Metz.

1934 Après son service militaire, profitant de la disponibilité que lui laisse un poste de surveillant au collège de Dieuze, il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts de Nancy sous la direction de Victor Prouvé qui l’initie à la peinture. A la même époque Morette rencontre Victor Demange, créateur du futur Républicain Lorrain. Il s’en- suit une collaboration avec ce journal jusqu’à la fin de sa vie. Morette débute par des affiches, des dessins de presse. Après la Seconde Guerre Mondiale, il est davantage mis à contribution,

1936 Jean Morette épouse Charlotte Drezet, institutrice. De leur union naîtront deux enfants. Marie-Françoise et Pierre.

1937 Il grave des bois pour le livre de Joseph Cressot Le Pain au lièvre L’ouvrage complet ne paraîtra qu’en 1952.

1940 La guerre interrompt tout. Après sa mobilisation dans une compagnie de camions réservoirs en 1939, Morette est fait prisonnier, Jusqu’à son évasion en 1943, il travaille dans une fabrique à canons à Dortmund. Il se réfugie à Tournus, auprès de son épouse. De retour de guerre, Jean Morette exerce son métier d’instituteur à Pierrevillers où il s’investit beaucoup auprès des enfants de sa classe. Il met au point une véritable pédagogie de terrain, employant tout ce qui peut susciter la curiosité des enfants, entrainer leur sens critique. De ces expériences nattront des ouvrages publiés au Républicain Lorrain,

1962 Morette commence sa célèbre série de L’Histoire de la Lorraine. Amou- reux de sa région, il ne cesse alors de publier des ouvrages sur les villes, la campagne lorraine, les aciéries. Toujours destinés aux enfants, de nombreux contes voient le jour.

En 1968, arrivé au terme de sa camère d’instituteur, il passe les dernières années de sa vie à écrire et dessiner. Ses ouvrages, édités par le Républicain Lorrain et les éditions Serpenoise, représentent la mémoire de notre région et font partie du patri- maine lorrain.

2002 Jean Morette s’éteint à l’âge de 91 ans

Ses albums constituent la mémoire de this- toire et des gens, des lieux et des légendes de la région lorraine. Une véritable institution Dans son bureau lumineux aux vastes bales donnant sur un jardin arboré, & a travalie comme un artisan modeste, inspiré, Jusqu’nu Ibout de ses forces, de sa vue, attaché à construire une couvre unique celle d’un créateur, d’un enchanteur. Il reçoit en 1996 la Feuille d’or de la Ville de Nancy pour l’ensemble de son œuvre Editions Serpenoise

Aujourd’hui nombreux sont les espaces qui portent son nom (lycée professionnel régional de Landres, écoles maternelles et primaires Metz, Valleroy, Labry, centre social de Fameck médiathèque d’Amnéville, etc.). Ses albums constituent la mémoire de l’his- toire et des gens, des lieux et des légendes de la région lorraine. Une véritable institution ! Dans son bureau lumineux aux vastes baies donnant sur un jardin arboré, il a travaillé comme un artisan modeste, inspiré, jusqu’au bout de ses forces, de sa vue, attaché à construire une œuvre unique celle d’un créateur, d’un enchanteur… Il reçoit en 1996 la Feuille d’or de la Ville de Nancy pour l’ensemble de son œuvre.

Des pièces du nouveau fond Morette sont à découvrir conjointement à la (très belle) exposition “Metz années 50/60”.



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