Lettre ouverte de Thomas Scuderi à François Grosdidier, Maire de Metz

Thomas Scuderi Lettre Ouverte Francois Grosdidier

Thomas Scuderi, élu municipal en 2008, a officié aux côtés de Dominique Gros, alors Maire de Metz. En 2014, il est nommé adjoint au maire chargé de la citoyenneté et de la démocratie participative. Il a fait parvenir à Metz Métropolitain une lettre ouverte à François Grosdidier, Maire de Metz.

Metz Métropolitain vous donne la parole dans les “coups de cœurs et coups de gueule“.


Lettre ouverte de Thomas Scuderi à François Grosdidier, Maire de Metz

Lettre Ouverte à François Grosdidier, Maire de Metz et Président de Metz Métropole.

A deux semaines de la trêve hivernale et face au refroidissement des températures, il est temps d’agir. Vous vous êtes engagé à mettre en œuvre le projet de Maison des Solidarités que j’ai présenté aux Messins lors du 1er tour des élections municipales. Aujourd’hui, c’est en tant que simple citoyen que je vous adresse cette lettre ouverte.

L’engagement que vous avez pris à la veille du second tour n’est pas anodin et doit aujourd’hui se concrétiser afin de protéger les populations les plus vulnérables. Il est inconcevable que la parole politique ne se décline pas rapidement dans l’action municipale. Or après plus de 3 mois de mandat, rien n’a été encore mis en place.

Que constatons-nous face aux urgences qui devraient mobiliser les élus ?

  • Face à l’urgence sociale, rien n’a été fait. Aussi, je vous demande de présenter les actions concrètes pour mettre à l’abri les SDF lorsque le 115 est saturé. Ce projet de Maison des Solidarités visait également à trouver des solutions d’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales et les mineur(e)s en situation de rupture familiale. Devons nous attendre de voir les plus démunis mourir de froid dans la rue ou des femmes tomber sous les coups de leur compagnon pour agir ? Si nous constatons avec effroi que la vague de féminicides ne s’arrête pas, les collectivités locales ont la capacité de construire des solutions pour agir concrètement et protéger les populations vulnérables. Lors de son dernier conseil municipal, la Ville de Nancy a voté la création d’une Maison des Femmes et si j’évoque Mathieu Klein, ce n’est pas parce qu’il est de gauche car des villes de droite ont pris la mesure de l’urgence. Et à Metz ? Monsieur le Maire, si rien n’est fait rapidement, vous en porterez la lourde responsabilité.
  • Face à l’urgence démocratique, vous avez décidé de dissoudre le service citoyenneté et démocratie participative, de tout bonnement supprimer le budget participatif et même les projets qui avaient déjà été votés et devaient être réalisés. Les enveloppes budgétaires déjà fléchées serviront-ils à régler la facture de l’inutile désinfection des rues en pleine sécheresse durant l’été, l’achat de 4*4 pour la police municipale ou la multiplication des caméras de vidéosurveillance ? C’est un déni de démocratie. Depuis la mise en place de la nouvelle équipe municipale les comités de quartier n’ont plus été sollicité et sont de fait étouffés. Que dit la ville aux 850 membres de ces instances citoyennes ? Une agora citoyenne sera bientôt mise en place pour vous permettre d’avoir l’honneur d’échanger avec le Maire ?… C’est la démocratie du siècle dernier. Monsieur François Grosdidier vous avez été législateur et vous savez que c’est désormais la loi qui impose les comités de quartier. A ce stade, vous ne respectez pas la loi. Et où est le Conseil Municipal des Enfants ? Disparu alors qu’il aurait dû être installé en début d’année scolaire. A l’heure où la démocratie directe devrait permettre à chacun de compter dans la vie de la Cité, le Maire de Metz organise le retour à l’ère du grand Kaiser. Le bilan est lourd, 850 citoyens engagés pour leur ville sont sur le carreau et des dizaines de projets portés par des habitants sont enterrés.
  • Face à l’urgence de moralité en politique, vous ne prenez pas la peine de mettre en place un programme pour protéger les Messin(e)s. Pire, passés les 100 premiers jours de votre mandat où vous auriez dû marquer les esprits par votre hauteur de point de vue et votre capacité à transformer la Ville et le devenir de ses habitants, vous vous en désintéressez et annoncez déjà être candidat à une prochaine élection ! Outre le fait que le cumul des mandats est une insulte à l’encontre de ceux qui vous ont élu et de ceux qui attendent une action municipale. Vous avez annoncé être candidat, peu importe l’élection (départementale ou régionale), peu importe le projet, du moment que vous cumulez un autre siège. Ce n’est pas ma conception d’une démocratie exemplaire.
  • Face à l’urgence écologique, la décision de planter des arbres même par milliers ne peut pas être l’alpha et l’oméga d’une politique environnementale. Quid des transports ou encore de l’énergie propre alors même que vous avez une pépite entre vos mains avec l’Usine d’Electricité de Metz. Là non plus, nous ne voyons rien venir, à part la suppression des pistes cyclables et aucune volonté de concertation avec les cyclistes quant à la politique en la matière, pire on oppose frontalement usagers du vélo et automobilistes pour mieux se retrancher dans sa faiblesse de point de vue. Circulez, il n’y a rien à voir, sauf si vous roulez en S.U.V.
  • Face à l’urgence économique, le nouveau Maire de Metz préfère fragiliser Bliiida et toutes les initiatives permettant à la jeunesse de construire l’avenir. Sur la création d’une nouvelle ligne Mettis, le développement de Frescaty nécessiterait un investissement digne de ce nom, nous n’avons pas besoin d’une ligne Mettis au rabais. Quant au soutien aux commerces de proximité, qu’a fait la ville si ce n’est conserver le dispositif Rebonds d’Achat mis en place par l’équipe précédente ?
  • Face à l’urgence sanitaire, nous constatons un délabrement du service public et une fragilisation de l’ensemble de l’offre médicale et de nos forces de secours. Nos pompiers sont abandonnés depuis des années et la caserne de Metz ne sera bientôt plus qu’un vieux souvenir. L’hôpital public était déjà dans une situation tendue qui s’est accentuée avec la 1ère vague de COVID et Legouest s’achemine vers une désaffectation partielle. La clinique Claude Bernard va quitter la ville et même la clinique Tivoli prévoit de supprimer une grande partie de sa capacité d’accueil en soins psychiatrique. Le ban communal de Metz n’aura bientôt plus du tout de force de secours et de soins. Tout cela dans un silence assourdissant.

Et que fait le Maire de Metz ? Il aligne les contre-vérités et détricote tout ce que la majorité précédente a pu mettre en place ; la politique politicienne dans toute son horreur. Il est temps de prendre la mesure de la responsabilité qui est la votre. Et c’est aujourd’hui en tant que simple citoyen et en toute humilité que je demande au Maire de ma ville d’agir pour les plus démunis, pour l’environnement, pour la démocratie locale et pour défendre notre bien commun. La situation sanitaire devrait imposer de prendre la mesure de l’urgence. Alors quand allez-vous décider de le faire ? Faut-il attendre de voir des personnes mourir de froid ou sous les coups de leur compagnon ?

Monsieur Grosdidier, il est temps d’agir !

Thomas Scuderi



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