Les origines de Saint-Nicolas

Legende Saint Nicolas

Personnage de légende distribuant des présents et friandises aux enfants, personnage de culte et personnage historique. Proclamé protecteur de nombreuses nations et Saint Patron de nombreux corps de métiers ; il est un personnage populaire de l’hagiographie chrétienne et il est l’un des saints les plus vénérés de l’église orthodoxe.

Saint-Nicolas, le personnage historique

Concernant la vie du personnage historique, peu de faits sont documentés. Nicolas naît à Patare, en Lycie, aux alentours de 270, au sein d’une riche famille chrétienne. Selon la tradition, le successeur de son oncle venant à mourir, il est désigné évêque de Myre, en Lyce, autour de l’an 300. Au cours de la persécution des chrétiens de 310, il est arrêté et torturé. Il distribue la richesse dont il a hérité parmi les pauvres. Ce fait est rapporté par les évêques du ive siècle Ambroise de Milan et saint Basile de Césarée et, pour cette raison, est considéré comme un fait historique. Diverses légendes se sont développées autour de cet épisode.

Saint André de Crète et le moine Ioannis du monastère du Stoudion rapportent que Nicolas a participé au Concile de Nicée en 325 et a giflé son adversaire Arius. Pour cette raison il est arrêté, avant d’être réhabilité à la fin du conseil. Selon André de Crète, Nicolas a convaincu l’évêque Théognios de Nicée de la justesse du point de vue nicéen contre Arius. Nicolas se distingue par sa lutte contre l’arianisme. Un an avant sa mort, à Myre en 345, il fait démolir le temple d’Artémis de Myre.

Saint-Nicolas, la légende

Nicolas, avant d’être reconnu “Saint Nicolas” est décrit comme un homme généreux et déterminé. Certains éléments de légende rencontrent des fait historiques. La légende de Saint-Nicolas est bâtie sur la foie du personnage, ses actes de générosité et des miracles qu’il aurait accompli.

Le Miracle des trois vierges

Nicolas avait pour voisin un homme qui, ruiné, ne pouvait marier ses trois filles faute de dot. Ce dernier envisageait de les prostituer afin de récolter l’argent nécessaire à leurs subsistances. Nicolas décida, en secret, de donner trois bourses pleines d’or à ces jeunes femmes.

Nicolas nommé archevêque de Myre

La mort de l’évêque de Myre poussa les évêques de la province à lui donner un successeur. Une nuit, pendant qu’ils étaient en prière, la voix de Dieu leur enjoignit de nommer Nicolas archevêque. Le lendemain matin, les évêques attendirent Nicolas sur le seuil de l’église, l’appelèrent par son nom et lui posèrent, malgré ses réticences, la mitre sur la tête.

Nicolas et les persécutions

Après une longue période de paix, les persécutions vinrent s’abattre sur les chrétiens. Les empereurs romains interdisent les assemblées de fidèles, ordonnent la destruction des églises et des livres saints et condamnent à l’exil, l’emprisonnement ou la mort ceux qui n’abjurent pas leur foi. L’évêque de Patare, Méthode, est mis à mort et Nicolas connaît la prison, la torture et n’est délivré que par l’arrivée au pouvoir de Constantin Ier.

Nicolas et le concile de Nicée

Un prêtre du nom d’Arius, soutient que le Christ n’est pas Dieu comme son Père. Nicolas, appelé au concile de Nicée défend avec virulence la divinité de Jésus-Christ et le dogme de la Sainte Trinité. Il s’emporte tellement qu’il frappe Arius. Outrés de ce geste, les Pères du Concile dépouillent de ses insignes de fonction Nicolas et le font conduire en prison. Mais le Christ et la Vierge seraient apparus à leur serviteur, lui rendant le pallium, le livre des Évangiles et lui ouvrant la porte de sa prison. Pour défendre sa foi, Nicolas s’attaque également aux dieux païens. Il parvient à convaincre ses fidèles de s’attaquer au temple de Diane. Il fait bâtir des églises et des autels aux martyrs sur les ruines des anciens temples.

Miracle des blés

Pour sauver les populations de Myre de la famine, Nicolas se rend dans un port voisin apprenant que des bateaux s’y sont arrêtés pour échapper à une tempête. Il parvient à convaincre les armateurs de décharger un peu de leurs précieux grains en échange de la promesse que chacun des bateaux arriverait à bon port. À l’arrivée des bateaux à Constantinople, on mesura le blé et il y en eut la même quantité qu’au départ. Émerveillés, les matelots racontèrent le prodige.

Sauvetage de matelots

Des matelots sur le point de mourir lors d’une tempête sur la côte de Lycie, font appel à Nicolas pour venir à leur secours. L’évêque apparaît alors sur le navire. Il les rassure et les exhorte au courage. Lui-même aide à la manœuvre des voiles et s’empare du gouvernail. Il les conduit ainsi au port et disparaît sous leurs yeux. Les matelots s’empressent alors de se rendre à Myre, y reconnaissent leur sauveur au milieu de ses clercs et tombent à ses genoux.

Mort de Nicolas et miracle de l’« huile prodigieuse »

Ayant eu la révélation de sa mort prochaine, Nicolas donna une dernière messe pontificale, puis se retira dans le monastère de la Sainte-Sion dont il avait été fait abbé. Ce fut là qu’une petite fièvre l’ayant saisi, il se fit administrer les sacrements et s’éteignit le 6 décembre 343. Il fut enseveli dans une tombe de marbre. La nouvelle se répandit alors auprès des fidèles : du corps de l’évêque, une huile odorante s’écoule, le préservant de la putréfaction. Cette huile, que l’on appelle “manne”, a la réputation de guérir les maux. Sept siècles plus tard, en 1087, des marins de Bari enlèvent les reliques de Saint Nicolas pour les rapporter dans leur ville. La légende veut que la manne continue de couler.

La Saint-Nicolas, de nos jours

Le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, le Saint Patron distribue des cadeaux à tous les enfants sages. Il est aujourd’hui le patron de nombreuses corporations ou groupes tels que les enfants, les prisonniers, les avocats, les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes ou encore les célibataires.

La Saint-Nicolas est célébrée partout, aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, en France, en Allemagne, en Russie, en Autriche, en Italie, en Croatie, en Slovénie, en Hongrie, en Pologne, en République tchèque, en Lituanie, en Roumanie, en Bulgarie, au Royaume-Uni, en Ukraine, en Slovaquie, en Serbie, en Grèce, à Chypre et même en suisse.

Dans certaines régions il est accompagné par le Père Fouettard. Le personnage diffère selon les cultures, dans le nom et l’apparence. Il n’a pas le beau rôle puisqu’il menace de sermonner (au mieux) ou de distribuer des coups de trique aux enfants qui n’ont pas été sages ou de les emporter dans son sac (au pire) et qui donne, parfois, du charbon, des pommes de terre et des oignons ou quiche. Le Père Fouettard peut également être représenté avec des cornes et une queue.

Du Saint Nicolas à Santa Claus, naquit le père Noël

Au fil du temps, la figure du vieil homme distribuant des cadeaux aux enfants a évolué jusqu’à devenir notre Père Noël actuel. En France, ce dernier s’imposera dans les années 50. D’ailleurs, le nom original du Père Noël est Santa Claus, phonétiquement très proche de Saint-Nicolas ; pour cause, c’est la transcription de la prononciation américaine de Sankt Niclaus. Pour ce qui est de la légende du Père Noël, bien qu’elle fut très proche et très inspirée de la légende de Saint-Nicolas, elle intègre progressivement de nouveaux éléments, au travers de la littérature. Notamment en 1885, l’homme vient alors plus du ciel, mais du Pôle Nord, où il fabrique ses jouets. Peu à peu, cette image se sédimente dans l’inconscient collectif américain. Pour ce qui est de son apparence, elle est définie en 1931 par une célèbre marque de soda qui cherchait à vendre ses boissons en hiver. C’est l’illustrateur Haddon Sundblom qui s’inspira du mythe de Santa Claus pour créer le Père Noël moderne. L’esprit de générosité personnelle et de rédemption est une valeur qui est restée véhiculée par ces légendes.



PARTAGER CET ARTICLE :
Avatar

@Metz Métropolitain

Metz Métropolitain, le magazine indépendant couvrant l'actualité, les événements, les découvertes des communes de Metz et sa Métropole, de Moselle, de Lorraine, du Grand Est. Metz Métropolitain est le portail pensé par vous, créé pour vous.