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Histoires d’eaux à Vaux

C’est en 821 que le nom de “Vallis” est mentionné dans un document rédigé par le successeur de Charlemagne, qui confirme la possession de Vaux à l’abbaye messine.
Village viticole depuis l’Antiquité, le Château de Vaux du XIIIème siècle produit toujours du vin de Moselle. Au Moyen-âge, le village a été fortifié. De très beaux vestiges subsistent dont une partie du mur d’enceinte et trois portes cintrées. A l’intérieur, l’église avec son clocher-donjon remplissait des fonctions défensives.

Rencontre avec Corinne, Ambassadrice de la commune de Vaux (avec la participation de Mme Bernadette Klein et M Patrick Cansell).

Quand on pense au village de Vaux, on visualise tout de suite ses ruelles et ses chemins de vigne avec leurs murs de pierre, ses mystérieuses inscriptions gravées dans la pierre des façades médiévales, son église fortifiée et son château, ses histoires de sorcières et sa tradition viticole qui remonte aux Gallo-Romains. Mais paradoxalement, on ne va pas vous parler de vin, on va vous parler d’eau…
« Si t’es pas tombé dans la fontaine quand t’étais p’tit, t’es pas de Vaux » nous racontent les Anciens du village.
« La fontaine » c’est le grand lavoir, sous la halle ! Même si autrefois la halle n’était pas aussi grande qu’aujourd’hui, c’est surtout là que les enfants venaient jouer quand il n’y avait pas lessive !
Pas de gros accident tout de même, les voisines d’en face avaient toujours l’œil !
Des lavoirs, il y en avait trois à VAUX… (ils y sont toujours) et ils ont beaucoup servi, toujours avec le bac de lavage plein de mousse, et celui de rinçage plus clair et l’eau bien fraiche qui coulait à gros goulot, les brouettes pleines de linge bouillant qui fumait, les gros savons de Marseille, les brosses à linge, et les battoirs qui rythmaient les « couaroils », les causeries… et les ragots évidemment ! Et le garde champêtre qui venait régulièrement vidanger le tout et nettoyer les bacs… On y venait aussi rincer les tonneaux avant la vendange.
Ces fontaines étaient alimentées par des sources. Elles étaient alors déclarées « potables » et étaient régulièrement contrôlées par l’armée car pendant les guerres, des milliers de soldats venaient s’y abreuver ou faire boire leurs chevaux.
Bon… la fontaine de la rue Saint Vincent a quand même provoqué quelques épidémies de choléra (les sources qui l’alimentent étaient polluées par les maisons de la rue du dessus) – il faut rappeler que Saint Vincent est le saint patron des vignerons… alors forcément, l’eau… ce n’est pas trop son truc. Surtout dans un village de vignerons.
Et puis… le temps de la modernité est arrivé, et avec lui sont venues les machines à laver… et les lessives à la fontaine sont devenues plus rares – on venait encore y faire les grandes pièces, les couvertures, les dessus de lit de gros coton blanc, les tapis, les bleus de travail aussi… puis presque plus rien !
Mais il n’y a pas si longtemps, il y avait encore des habitants de Metz ou de Montigny qui venaient à Vaux chaque semaine chercher de l’eau à boire, une eau meilleure que celle de la ville, non javellisée ! D’autres analyses ont été faites et on a alors déclaré cette eau non potable (en réalité, il lui manquerait seulement certains sels minéraux).
Mais l’histoire de l’eau à Vaux, ce n’est pas qu’une histoire de fontaines… c’est l’histoire même du village et de son implantation ! C’est grâce à cette implantation exceptionnelle, à l’abri des crues de la Moselle, dans un nid de verdure où l’eau abonde, que dès la Préhistoire les premiers « Valois » se sont installés. Désormais courses et chemins de randonnées permettent d’admirer nos lavoirs, sans toutefois dévoiler les circuits, bassins, réservoirs construits dès l’Antiquité et qui se dissimulent encore dans les caves et sous les vergers.
Il faut noter que déjà du temps des Romains comme aujourd’hui encore, il est interdit de détourner ou polluer une source. L’eau est une richesse exceptionnelle, qu’il faut partager autant que préserver.

Source : tourisme-metz.com



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