Fermeture de C&A et compères, où va le commerce à Metz ?

Fermeture C Et A Metz

Les fermetures successives de commerces de proximité font réagir les habitants, qui s’inquiètent d’une désertification commerciale du centre ville.

Le magasin d’habillement C&A de Metz a fermé ses portes. Une situation qui n’est et ne sera pas présente qu’à Metz. C&A prévoit en effet la fermeture de 30 magasins cette année, 30 d’ici 2 ans, dont celui de la ZAC d’Augny. Pour les salariés, qui y ont travaillé jusqu’à des dizaines d’années, des plans de reclassement et de reconversion sont prévus.

C’était mieux avant ?

Metz a toujours été une localité commerçante et artisanale. L’artisanat a bien régressé, un simple passage par la rue Taison, historiquement artisanale, suffit à s’en assurer. A titre d’exemple, l’ébéniste Pierre Heiss quittait la rue Taison à l’été 2015. Toutefois, quelques activités artisanales s’installeront en centre ville, comme la micro-brasserie la Tuilerie.

Dans le même cas de figure que C&A, Heyraud et Hiebert, en ce moment même en déstockage avant fermeture définitive et même avenir pour Kiabi, qui devrait quitter Metz au printemps 2020. Les enseignes d’habillement ayant subi la baisse de 17% en dix ans du marché de l’habillement en France, les enseignent doivent revoir leur copie, en changeant d’implantations, en réduisant le nombre d’enseignes qui peine à être économiquement viables.

Des commerces ferment, d’autres ouvrent, d’après une étude de l’observatoire du commerce et de la consommation datant de 2015, la métropole dénombre 2 230 commerces de détail pour 528 000 habitants en zone de chalandise de proximité, générant 80% du chiffre d’affaires. La métropole et Metz restent donc des zones commerçantes actives. Peut-être que les enseignes étaient tout simplement trop nombreuses dans un contexte très concurrentiel et sur des locaux trop coûteux.

La faute aux commerçants qui boudent les centre ville ?

Les commerçants indépendants ne boudent pourtant pas leur intérêt pour le centre ville, le principal frein étant le prix des loyers. Selon Procos (Fédération pour la promotion du commerce spécialisé), ils seraient 30% supérieurs à la réalité du marché.

Questions de mesure ?

Les zones d’activité commerciales sont dédiées à l’activité commerciale, le consommateur vient y faire ses achats, en profitant de vastes stationnements gratuits. Les villes, elles sont multiples, on y vit, y travaille, y consomme, y transite. Le commerce de centre ville bénéficie d’un flux chaland, certes, mais pas d’un flux exclusivement chaland, et pas dans des locaux au meilleur prix. Le commerce, sous réserve de besoins et de moyens compatibles avec une vaste zone de vente, n’a t’il pas alors intérêt à s’implanter en périphérie ?

Peut-être que la transformation du paysage commerçant n’est qu’une succession de constats actuels, initiés par des mutations du marché bien antérieurs. Bien sur, la progression de la vente en ligne est un paramètre à considérer. Par ailleurs, les coûts et la concurrente entrent également en ligne de compte.

Et si l’arbre qui tombe masquait la forêt qui pousse ?

Lorsqu’une grande enseigne, implantée depuis près de 40 ans dans une rue commerçante passante ferme, cela se constate sans peine. Mais combien de commerces indépendants ont-ils dû baisser le rideau bien avant ? Hier, le petit commerçant peinait à être concurrentiel face aux plus grandes enseignes, leurs stocks étant plus restreints, leur offre plus limitée, leurs prix de revente plus élevés faute de volumes de commandes. Pour ces même raisons, ces derniers ne pouvaient recruter, au mieux, qu’une équipe réduite, composée le plus souvent d’un à trois salariés. Aujourd’hui, le commerce électronique est pointé du doigt. Là encore, les plus grandes structures peuvent faire face, grâce à leur expérience et des capacités d’investissements que le petit commerçant du coin de la rue ne parviendra jamais à égaler.

Les nouvelles zones commerçantes, telles que Metzanine, Muse et Waves sont peut être la réponse aux attentes des consommateurs et des commerçants de demain. En proposant des loyers plus mesurés, un flux chaland conséquent et des services (stationnement, événements, communication, …) ; ceux-ci proposent des réponses aux attentes, des commerçants comme des consommateurs.

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