De Metz au Liban : quand le peuple ne veut plus de l’oligarchie

De Metz Au Liban Le Peuple Ne Veut Plus De L Oligarchie

Alison Leininger nous livre, sur le site Actuel Moyen Âge, une fresque historique ; mettant en parallèle l’explosion qui s’est produite à Beyrouth, au Liban, le 4 août 2020 et le mécontentement, qu’on trouve déjà plus de six cents ans en arrière, à Metz, là où des critiques en de nombreux points similaires à celles des Libanais et Libanaises tentèrent de se faire entendre.

L’auteure revient sur des changements profonds, des bouleversements sociaux, des prises de conscience citoyennes. Couvrant le contexte historique et les aspects sociaux, l’article nous transporte du X ème siècle au XV siècle. Il y dépeint les tensions entre le peuple et la prédominance de sa gouvernance. Toute la subtilité de ces tensions y est parfaitement décrite, tantôt sur fond de guerre, tantôt sur fond de multiples crises politico-économiques.

Au fil des siècles, se succèdent l’affranchissement de Metz de de la tutelle de son évêque et de son empereur, la gouvernance des Paraiges, une révolte chassant les bourgeois hors de la ville, le retour de l’oligarchie, de profondes réformes sociales et religieuses sur contexte de guerre, les épidémies jusqu’à l’annexion de la cité par la France.

Un article à découvrir sur actuelmoyenage.wordpress.com dont voici quelques extraits.

Metz, une république oligarchique

Dès le Xe siècle, Metz fait partie de l’Empire, un vaste ensemble qui comprend, entre autres, l’Allemagne actuelle. Durant les trois siècles qui suivent, la cité messine s’affranchit progressivement de la tutelle de son évêque et de l’empereur, pour obtenir le statut de « ville libre d’Empire ».

Dès le tournant du XIIIe siècle, la cité est marquée par la prédominance des paraiges, corps indépendants de familles influentes. Plus tardivement, à la fin du XIIIe siècle, un sixième paraige se forme, appelé le « Commun », regroupant le reste de la communauté urbaine qui était jusqu’alors exclu du gouvernement. Les membres du gouvernement messin sont exclusivement issus de ces paraiges.

Quand le peuple gouverne

En 1405, un soulèvement que l’on appelle la « Jacquerie » a lieu : les gens du Commun s’insurgent, chassent les bourgeois de la ville, et gouvernent pendant neuf mois la cité à leur place.

À bas les privilèges

Plus de vingt ans plus tard, la république messine est confrontée à une nouvelle difficulté. Un prédicateur franciscain, Guillaume Josseaume, se rend à Metz. En 1429, il multiplie les sermons qui déchaînent les foules. Il condamne fermement le gouvernement des bourgeois de la cité, une nouvelle fois dans un contexte de guerre, cette fois contre le duc de Lorraine. Dans la Metz du XVe siècle, pas de violentes explosions, mais des facteurs causant de multiples crises politico-économiques suscitant la réaction des plus pauvres. En réaction à cela, les bourgeois préfèrent par la suite fermer davantage leurs corps, ce qui précipite encore leur déclin ; un siècle plus tard, en 1552, la cité est annexée par la France.



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