A Metz, manifestation pour l’instruction en famille

A Metz, des parents manifestent contre le projet de loi éducation, qui rend obligatoire l’instruction en école dès 3 ans. Cette loi s’inscrit dans la politique de prévention de la radicalisation violente du ministère chargé de l’Éducation nationale.

Il y a l’école, l’instruction, et les autres écoles

L’éducation que nombre de français connaissent ou ont connu, ce sont bien sur les “bancs de l’école”. Qu’elle soit publique ou privée, l’école est encadrée par les programmes de l’Education Nationale.

Des écoles alternatives, également encadrées, souvent sous statut associatif, proposent une approche différente. En bref, ces écoles se concentrent d’avantage sur le rythme et le bien-être des élèves pour les rendre acteurs de leur instruction, et présentent des résultats concrêts.

Enfin, moins connue du grand public, l’alternative de l’instruction familiale autorise des parents à instruire eux-même leurs enfants. Cette instruction est toujours encadrée dans le respect des fondamentaux de l’école républicaine.

Ce qui change avec cette loi

Cette loi propose un meilleur suivi des enfants, avec une scolarisation en école obligatoire dès trois ans. Elle s’inscrit aussi dans un cadre sécuritaire afin de prévenir la radicalisation dès le plus jeune âge.

Quelle est la position des parents ?

Metz Métropolitain s’est entretenu par téléphone avec Marion Wiesen, 30 ans, infirmière puéricultrice et maman de trois enfants de 2, 4 et 6 ans. Elle fait partie du collectif qui lance un appel à manifestation contre ce projet de loi.

Pour elle, l’éducation familiale, comprenez l’ “école à la maison”, est une liberté et un choix motivé par les bénéfices qu’en tirent les enfants. Pratiquant cette forme d’éducation depuis plusieurs années, elle constate que ses enfants sont “plus reposés et détendus, plus confiants aussi”. Dans son choix d’éducation, les enfants reçoivent une instruction à leurs rythmes. Il en tirent les mêmes compétences attendues que les enfants scolarisés en école, et même d’avantage. Avec un éducation rythmée par des activités en extérieur et des musées, l’instruction des enfants des ces mamans se démontre être plus vaste que le “format école” traditionnel. Les enfants sont intéressés, acteurs. D’eux-même ils questionnent pour approfondir leurs connaissances. Cette éducation alternative favorise également les rencontres, les enfants démontrent une facilité naturelle à s’entre-aider et à solliciter des adultes pour parvenir à des résultats ou cumuler d’avantage de savoir.

Pour pouvoir instruire ses enfants à la maison, un cadre est proposé. Tout d’abord, les enfants doivent acquérir les connaissances attendues d’eux. Pour s’engager dans cette démarches, les parents proposent un dossier, celui-ci doit présenter la démarche et la méthodologie éducative envisagée. Ensuite, un inspecteur d’académie visite les parents et enfants tous les ans, afin de s’assurer que le démarche éducative mise en place . Additionnellement, un référent social procède également à une visite, tous les deux ans.

S’il fallait résumer cette démarche, c’est sans doute qu’elle favorise : le bien-être, la volonté, l’apprentissage. Si elle favorise, c’est sans doute parce qu’elle valorise. Marion nous confie “c’est valorisant pour les enfants, mais c’est aussi valorisant pour les parents”. En bref, comme nous le confie Marion “répondre aux besoins, en créant un cadre adapté”.

Si cette nouvelle loi vise à mieux détecter la radicalisation, les mamans s’interrogent : “Il faut questionner ce qu’est une doctrine. Si l’école républicaine devient la seule référence, l’école républicaine devient le seul fil conducteur, sans autoriser l’alternative. Le terrorisme n’aurait il pas gagné notre liberté d’instruire ?”.

La manifestation et la démarche telle que décrite par les porteuses du projet

Nous sommes deux mamans :

  • Marion Wiesen, 30 ans, infirmière puéricultrice et maman de trois enfants (2,4 et 6 ans)
  • Tiffany Coter, 27 ans, accompagnante parentale et maman de deux enfants (1 et 4 ans)

Nous représentons les familles qui pratiquent l’Instruction en Famille (IEF) en Moselle.

Nous nous mobilisons contre le projet de loi évoqué début octobre par le président de la république qui souhaite l’obligation de l’instruction à l’école à partir de 3 ans pour la rentrée 2021.

Nous organisons donc une manifestation pour défendre notre droit à la liberté d’instruction. Elle se déroulera le samedi 28 novembre 2020 à 11h00. Le rassemblement se fera devant la Mairie de Metz, place d’armes puis se dirigera vers la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale au 1 rue Wilson à Metz, lieu de dislocation de la manifestation.

Cette loi peut mettre en péril l’équilibre trouvé par des milliers de familles au fil des années. En effet, ce mode d’instruction est un choix éclairé d’éducation que font ces familles pour répondre au mieux aux besoins de leurs enfants. C’est une philosophie de vie. Une liberté de nourrir l’enthousiasme de l’enfant. Une liberté d’instruire tout simplement comme le stipule l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ».

La motivation de supprimer ce choix d’instruction par le gouvernement actuel, à savoir : lutter contre la radicalisation et l’extrémisme religieux, est pour nous une atteinte à notre liberté. Nous déclarons chaque année nos enfants auprès de la Mairie et l’Académie de notre secteur. Nous sommes chaque année contrôlés par un inspecteur de l’Académie et tous les deux ans par les services sociaux. Supprimer l’instruction en famille ne permettra pas d’éviter la radicalisation ni l’extrémisme religieux puisqu’elles passeront toujours à travers les mailles du filet et qu’elles représentent une part très faible des 50 000 enfants déclarés en ief en France.

Est-ce que finalement, le terrorisme n’aurait il pas gagné notre liberté d’instruire ?



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